BOLESLAS BIEGALSKI est né le 29 mars 1877 à Kociczyn, au nord de Varsovie. Dès son plus jeune âge, Biegas pratique différentes formes d’art : la sculpture, le dessin, la menuiserie…
L’enfance de Biegas est ponctuée de morts (ses parents et son frère) et de blessures, mais son entourage lui permet d’acquérir une éducation et de s’adonner à la sculpture librement. Bientôt grâce à son talent, il sera qualifié de « génie ».
De 1897 à 1901, il étudia à l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie où il se fit remarqué par le jury de l’exposition de la Secession Viennoise où il exposera deux sculptures. Dès cette période, Biegas refuse l’Académisme imposé à l’école, il s’en détourne. En 1902, il sculpte Le Livre de la Vie aux formes très géométriques qui choqueront les esprits académistes et provoqueront son renvoi de l’Ecole.
Par la suite Biegas quittera Cracovie et bénéficiera de la recommandation du Comte Adam Krasinski au Directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Ainsi, Biegas se retrouve à Paris dès 1902 et s’installe dans le quartier de Montparnasse. Biegas délaissera les cours de l’Ecole pour plus de liberté et comme dans la sculpture Le Livre de la Vie, il réalisera des œuvres très géométrisées qu’il exposera à Paris et à l’étranger.
En 1903, il quitte son atelier de Montparnasse pour celui de la rue Saint-Honoré qu’il occupera jusqu’en 1909. À cette période, Biegas marque les milieux artistiques, expose, reçoit des éloges ou des critiques. Biegas protégé par Karl Boès et reconnu par les critiques de la Plume, fit la connaisance de Rodin vers 1902.
Malgré de vives critiques, Biegas effectue des recherches picturales dès 1906 et expose au Salon des Indépendants. Ses œuvres d’inspiration symboliste « ne laissent pas que d’intéresser » et feront même parfois la une de la presse.
Son œuvre sculpturale est connue et aisément datable, mais la chronologie des ses peintures est difficile à établir car il datait rarement ses œuvres et de plus elles furent peu reproduites de son vivant.
C’est le Sphérisme qui déterminera une grande partie de sa production picturale jusqu’au début des années 20’. Il est mentionné pour la première fois dans un article anonyme daté du 6 juin 1918 et paru dans Paris Midi. Biegas en est le précurseur, l’inventeur.
Néanmoins, la question quant à la date où les premiers essais d’une peinture sphériste aient été réalisés reste ouverte. Ainsi, si l’on tient compte des nombreux témoignages existants il est plausible que celle-ci se situe vers 1914-1918 voir auparavant.
Ce qui est certain et communément admis c’est que le sphérisme est un mouvement parallèle au cubisme et d’avant-garde auquel de nombreux artistes adhèreront. En effet, le cercle est largement répandu dans les compositions de l’époque. On peut citer Kupka ou Robert Delaunay qui connaissait les œuvres de Biegas.
Biegas a peint une centaine d’œuvres sphériques, il explore les possibilités combinatoires du cercle et utilise des aplats de couleurs vives. On distingue plusieurs stades au sein du sphérisme.
Certaines peintures sont abstraites et sont datables de 1918-1919 soit du début du cycle. Un autre stade de l’évolution du sphérisme, sont les peintures où l’on discerne la présence humaine qu’à travers des indications anatomiques réduites, comme les yeux ou les lèvres. Dans d’autres œuvres, les portraits ou les personnages, restent prisonniers des cercles puis peu à peu ils tendent à s’échapper des réseaux circulaires.
Monsieur Derygn Xavier auteur du catalogue d’exposition de Bagatelle en 1992 estime que les préoccupations cosmiques et métaphysiques ainsi que les convictions symbolistes de Biegas ont joué un rôle fondamental dans le choix de l’appellation de son travail baptisé par lui-même « sphérique ».
Monsieur Derygn Xavier a proposé l’appellation de « cerclisme » qui correspondrait selon lui mieux au travail de Biegas.
Par la suite, Biegas a réalisé ses peintures bleues du cycle de La Mystique de l’Infini où Biegas renoue avec le symbolisme.
À partir de 1928, Biegas peint une série d’Hommes Illustres qui sont l’écho de son travail de sculpteur des années 1904-1907 et de sa série précédente consacrée au cycle de la Mystique de l’Infini.
Boleslas Biegas meurt en 1954.