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Apartis naît à Smyrne le 24 octobre 1899, son père était tailleur. En Grèce, il suit d’abord les cours d’un sculpteur arménien nommé Papazian et apprend le dessin auprès du peintre Ithakissios. Le jeune homme s’expatrie alors en France, comme beaucoup de jeunes artistes venus du monde entier, pour étudier à Paris, alors capitale...

Apartis naît à Smyrne le 24 octobre 1899, son père était tailleur. En Grèce, il suit d’abord les cours d’un sculpteur arménien nommé Papazian et apprend le dessin auprès du peintre Ithakissios.
Le jeune homme s’expatrie alors en France, comme beaucoup de jeunes artistes venus du monde entier, pour étudier à Paris, alors capitale des arts. Il commence par étudier à l’Académie Julian qu’il n’apprécie guère et à l’Ecole des Beaux-arts de Paris à partir de 1919. Il a comme professeur Paul Landowsky et Henri Bouchard, l’un et l’autre primé au concours de la Villa Médicis à Rome.
C’est lors d’une première participation au Salon d’Automne de 1921 que le sculpteur rencontre celui qui deviendra son maître : Emile Antoine Bourdelle. Celui-ci l’invite à suivre les cours de sculpture qu’il dispense à l’Académie de la Grande Chaumière à Montparnasse.
Apartis est le premier sculpteur d’origine grecque à travailler avec Bourdelle, lui-même fervent amateur d’art grec. Une forte amitié uni les deux hommes, Bourdelle surnomme affectueusement Apartis � mon Phidias �. Il soutient son élève et fonde de grands espoirs en lui, il le place même: � en tête de tous les Grecs [vivants] dont [il] connaît les œuvres� !
Il côtoie durant ces années d’apprentissages à Montparnasse Alberto Giacometti, Germaine Richier, Takashi Shimidzu (Japon), Costi Papachristopoulos (Grèce), Bella Raftopoulou (Grèce), Georgios Kastriotis (Grèce), Pablo Curatella Manes (Argentine), Josefina de Vasconcellos (Grande-Bretagne), Angela Gregory (Etats-Unis), Otto Gutfreund, (République tchèque), Bror Hjorth (Suède), René Iché (France), Raoul Josset, ‘France), Émile Lahner (Hongrie), Aristide Maillol (France), Vadym Meller (Ukraine), Bencho Obreshkov (Bulgarie), Maria Elena Vieira da Silva (Portugal), Helen Wilson (Etats-Unis), Teodors Zalkalns (Lettonie).
Bourdelle est cofondateur et vice président du premier Salon des Tuileries de 1923.Il y introduit Apartis qui expose cette année là deux têtes et un jeune athlète. La diversité des connaissances artistiques d’Athanase Apartis rallie son œuvre sous une double influence : la Grèce archaïque et Classique, qu’il redécouvre au musée du Louvre, ainsi que la sculpture française du Moyen Age, que Bourdelle enseigne à ses élèves
Le maître lui apprend avant tout à faire preuve d’austérité.� Il lui enseigne que la forme intérieure doit ressortir à l’extérieur. Le jeune sculpteur s’inspire aussi du travaille de Rodin, notamment dans certains portraits qui combinent à la fois psychologie et réalisme. Dans ces portraits, il s’illustre par un rendu sensible et réaliste tout en dévoilant le caractère individuel du modèle.
Apartis utilise comme modèle iconographique les bas-reliefs de la façade du Théâtre des Champs Elysées, achevés en 1912. Dès les premières années, il travaille sur des figures en pied dont les modèles semble directement influencés par les canons antiques : contrapposto, iconographie grecque (Prométhée, personnification du fleuve). A cette époque, sa production est diverse, en effet, iI réalise aussi bien des sculptures d’animaux que des bas-reliefs.
Le sculpteur grec se fait dès lors connaître du public français et, son succès grandissant, il reçoit des commandes tant publiques que privées. Il expose aux salons d’automne de 1921 à 1938, aux salons des indépendants de 1926 à 1937, aux salons des Tuileries de 1923 à 1931, ainsi qu’au Petit Palais. Il étudie auprès de Bourdelle jusqu’en 1926.
En 1929, Athanase Apartis se rend en Italie à Florence où il admire les œuvres de Titien, Giotto et du Tintoret. Il indique qu’il est déçu par le travaille de Michel-Ange bien qu’il ne comprenne pas pourquoi. Les œuvres italiennes l’émeuvent par leur simplicité, leur sobriété, leur humanité, leur vie. Il pense � qu’elles sont faites de tout ce qui est grand pour une âme libre �.
Apartis considère � qu’il n’y a qu’à Paris où l’on peut penser, sculpter et créer �. Il garde donc un lien fort avec la France tout au long de sa carrière. Le 6 octobre de la même année, Apartis est choisit pour rendre hommage au nom des élèves de l’Académie de la Grande Chaumière à Emile Antoine Bourdelle que l’on enterre.
En 1939 il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur, l’état français achète La femme à l’enfant conservée au Centre Georges Pompidou.
En 1940 il retourne vivre à Athènes où il reste très actif. Il reçoit de nombreuses commandes privées et publiques, notamment : le Monument aux marins inconnus à Khios, le Buste de l’archevêque Chrysostome à Salonique, le Buste de Kazantzakis en Crète, ou encore le monument érigé en souvenir du compositeur Mitropoulos à Athènes en 1996. En Grèce, devenu maître à son tour, il enseigne l’art de sculpter. En 1959 et 1961, il est successivement nommé professeur de dessin à l’institut Technologique d’Athènes et professeur de sculpture à l’école des Beaux Art d’Athènes. Athanase Apartis reçoit en 1960 du gouvernement grec la plus haute distinction, celle de l’ordre du Phoenix. En 1967 il est élu membre correspondant du Département de sculpture à l’Académie Française des Beaux-arts (l’Institut de France).
En 1972, Apartis décède à l’age de 73 ans. Il est parfois considéré comme le sculpteur grec le plus doué de sa génération. Artiste célèbre en Grèce, il demeure relativement méconnu du public français qu’il a pourtant gratifié d’œuvres originales et sensibles et incarnant l’esprit de son temps.