Grand décorateur et créateur de meubles né à Paris en 1876 et décédé à Nogent-sur-Marne en 1955. Son œuvre très féconde en tant que décorateur, créateur de meubles, d’appareils d’éclairage, de pendules, d’orfèvrerie, de céramique, de bijoux, de tapis et de tissus restera empreinte de classicisme tout au long de sa vie avec toutefois une influence des formes issues du cubisme.
Maurice Dufrêne a suivi des cours à l’Ecole des Arts Décoratifs, mais il effectue son apprentissage en tant que décorateur dans la « Maison moderne » où il rencontre Van de Velde, Horta, Plumet et Selmersheim. En 1901 il sera de ceux qui contribueront à la fondation de la Société des Artistes Décorateurs. Dans ses premières réalisations au sein des Salons, il présente des meubles aux formes et décors simples s’inspirant de motifs issus de l ‘Art Nouveau. Dès 1913 on perçoit des formes issues de l’art Déco. Une autre tendance ressentie nettement dans son travail est son attachement pour la production en série et sa défense des procédés mécaniques.
En 1922, il prend la direction de l’atelier de décoration créé par les Galeries Lafayette. Il propose des meubles à la portée des petits et grands budgets en s’efforçant de « continuer les hautes traditions de la France…avec des techniques rénovées et des matériaux nouveaux ».
La production de Maurice Dufrêne peut se diviser en deux catégories distinctes : une production en petite série et une production de modèles uniques.
Lors de l’exposition des Arts décoratifs en 1925, Dufrêne présente le pavillon de la Maîtrise des Galeries Lafayette. La même année, il aménage le petit salon du pavillon de la SAD.
En 1928, il expose au salon des Artistes Décorateurs, il présente des sièges édités par la Maîtrise des Galeries Lafayette. Série à nouveau au salon d’Automne de 1929, avec des meubles combinables et superposables et des sièges en tube d’acier. Au salon d’Automne de 1931, il revient vers un style plus traditionnel. D’autres ensembles en métal et glace réalisés par Maurice Dufrêne seront empreints de modernisme, comme pour le Casino de Challes-les-Eaux. En outre, Dufrêne a reçu de nombreuses commandes émanant du Mobilier National pour des ambassades ou pour l’Elysée.
Toujours soucieux de diffuser des idées nouvelles, Dufrêne consacrera du temps à l’Ecole Boulle et à l’Ecole d’Art où il aura de nombreux élèves.
Aujourd’hui, on peut regretter que nombre de ses meubles ne puissent être identifiés faute de signature.